Vieux monsieur qui lit un document
La Fondation pour l’alphabétisation

Les personnes analphabètes sont parmi nous!

Aujourd’hui, en vous rendant au travail, en allant faire l’épicerie ou en allant chercher vos enfants à l’école, vous avez peut-être croisé une personne analphabète. Vous avez peut-être même échangé quelques mots avec elle sans vous rendre compte de ses difficultés. Il se peut même qu’il s’agisse d’un membre de votre entourage : votre conjoint, votre père, votre sœur ou votre ami. 

Pour savoir si vous connaissez une personne analphabète ou ayant des difficultés de lecture, cochez les situations auxquelles vous avez déjà été confronté parmi les énoncés suivants. Si vous sélectionnez quelques-unes de ces situations, vous avez vraisemblablement été en présence d’une personne analphabète. 

J’ai déjà rencontré quelqu’un qui…

  • Choisit de lire un document ou de remplir un formulaire à la maison sous prétexte qu’il n’a pas ses lunettes ou qu’il a mal au bras, à la main.
  • Présente un défaut de prononciation des mots comportant plus de trois syllabes ou des sons plus complexes.
  • A un vocabulaire restreint et de la difficulté à exprimer clairement une idée simple ou à verbaliser des concepts plus abstraits.
  • Tente de mémoriser des renseignements que je lui donne plutôt que de les noter ou me demande d’écrire pour lui parce qu’il n’a pas une belle écriture.
  • Me soumet une facture ou un devis de travaux manuscrit comportant plusieurs fautes d’orthographe.
  • Au travail, refuse d’accepter un nouveau poste ou une promotion parce que ça ne l’intéresse pas.
  • Ne se présente pas à un rendez-vous, bien que je lui aie écrit pour confirmer la rencontre. 

Comment réagir? Quoi faire? 

Personnes analphabètes

L’analphabétisme revêt plusieurs visages : il peut s’agir d’un jeune décrocheur, d’un travailleur de l’industrie forestière, d’une jeune mère monoparentale, d’une travailleuse immigrante dans le textile, d’hommes, de femmes, de résidants des villes et des régions, de jeunes, de retraités, etc. Il est erroné de croire que les personnes analphabètes vivent loin de nous. Au contraire, elles sont proches et parmi nous, mais ont honte de révéler leurs difficultés. 

Sachez qu’une personne analphabète…

  • Avoue rarement éprouver des difficultés de lecture et d’écriture. Elle a honte de cette condition et se croit seule dans cette situation.
  • A généralement une faible estime de soi et se sent facilement vulnérable devant toute personne qu’elle considère plus « éduquée » qu’elle. Elle peut adopter une attitude de soumission ou agressive face à une situation qu’elle ne comprend pas bien.
  • A appris à utiliser quantité d’astuces pour masquer ses difficultés.
  • Éprouve souvent des difficultés de prononciation puisqu’elle n’a pas les connaissances requises pour discerner les syllabes que comporte un mot; elle prononcera donc souvent un mot comme elle l’entend.
  • Manque souvent du vocabulaire requis pour nuancer sa pensée.
  • Éprouve souvent des difficultés quant à la perception du temps et de l’espace. 

Si vous croyez que la personne devant vous est susceptible d’être analphabète, voici quelques conseils quant à l’attitude à adopter :

  • Utilisez un vocabulaire simple et des phrases courtes; reformulez votre idée en d’autres mots si vous sentez qu’elle n’a pas été bien comprise. Pour autant, ne vous adressez pas à la personne comme on s’adresse à un enfant. Créez un climat de confiance.
  • Simplifiez le vocabulaire plus technique propre à une entreprise ou à un service gouvernemental en évitant les nombreuses abréviations, qui n’ont souvent aucun sens pour l’interlocuteur.
  • Si la personne devant vous souhaite lire ailleurs ou plus tard le document que vous lui présentez, faites un bref et clair résumé du contenu en dégageant les principaux renseignements.
  • Prenez l’initiative de noter lisiblement les renseignements importants que vous voulez transmettre.
  • Dédramatisez la situation en lui confiant que vous avez souvent l’occasion de rencontrer des personnes éprouvant des difficultés de lecture et d’écriture et que vous pouvez lui donner un « coup de main ».
  • Assurez-vous que la personne a bien compris la date d’une prochaine rencontre ou d’un événement auquel vous la conviez et, au besoin, donnez des repères tels que « dans deux fins de semaine » ou « dans la semaine après Noël » ou encore « tout de suite après le début des vacances des enfants », etc.
  • Évitez d’envoyer une lettre de rappel si vous voulez confirmer une date de rendez-vous : utilisez plutôt le téléphone.
  • Si vous côtoyez la même personne de façon plus régulière, faites-lui savoir qu’elle peut améliorer sa condition et que plusieurs milliers de personnes dans sa situation sont retournées à l’école pour adultes. Donnez-lui le numéro de la ligne Info‑Alpha en lui précisant que des intervenants spécialisés peuvent lui procurer des renseignements complets sur les ressources qui répondent le mieux à ses besoins et à ses attentes.