Extrait de la vidéo Pour l'amour des mots
Réalisatrice : Nathalie Pelletier
Intervieweuse : Marie Turgeon, porte-parole de La lecture en cadeau
Extrait de la vidéo Pour l'amour des mots
Réalisatrice : Nathalie Pelletier
Intervieweuse : Marie Turgeon, porte-parole de La lecture en cadeau
« J’ai su que j’étais dyslexique à 28 ans. Personne s’en est jamais aperçu, ni mes parents, ni l’école. J’étais la pas vite, la pas fine, la pas capable... Ça me mettait tellement en maudit, tellement que dès que j’ai pu, je suis partie de l’école. J’ai fait des jobines ici et là. Je me suis retrouvée avec deux enfants, pas de job, pas de chum. Un jour, j’ai réalisé que ma plus vieille allait commencer l’école. J’ai paniqué. J’avais tellement peur pour elle, tellement peur qu’elle fasse comme moi… C’est là que j’ai pris mon courage à deux mains et que je suis allée dans un centre. J’y allais deux soirs par semaine. Ça fait trois ans de ça. J’ai repris confiance en moi, et dans la vie. Je continue mais parce que j’aime ça. Ça me rend fière. Mes deux filles sont à l’école pis moi aussi, souvent on fait nos devoirs ensemble. On s’entraide. La semaine prochaine, je commence une formation professionnelle. Je vais en avoir une job et une que je vais avoir choisie en plus! » - Geneviève, 32 ans
« Je n’ai pas pu apprendre à lire ni à écrire, puis à 13 ans, je suis allé travailler dans le bois… J’ai travaillé fort toute ma vie sans instruction. C’était comme ça dans le temps, c’était pas un drame. Aujourd’hui, pas éduqué, tu peux pas faire grand-chose. Mais quand j’ai pris ma retraite, je me suis fait une promesse : pouvoir lire des histoires à mes trois petites-filles. Je m’en viens pas pire après deux ans de cours. Je suis pas mal fier de moi. Je mourrai peut-être pas instruit mais j’aurai au moins appris à lire…» - André, 70 ans
« J’ai jamais eu de problème à gagner ma vie et faire vivre ma famille jusqu’à l’année passée... J’avais une bonne job d’opérateur dans une usine de meubles. Mais je l’ai perdue ma job, on l’a tous perdue quand ils ont fermé l’usine. J’étais même pas capable de remplir une application. J’ai jamais été bon là-dedans, j’ai lâché l’école jeune et c’est ma femme qui s’occupait de ces choses-là. Mais il fallait que je me prenne en main, ça fait que le mois passé j’ai commencé des cours. Ça fait peur au début, ben peur. Mais moi pis mon gars on a un deal, je finis mes cours et lui il finit son secondaire 5. On va s’encourager, je suis déjà fier de ce qu’on a accompli… » - Stéphane, 38 ans
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