Chaque jour, les intervenants des lignes téléphoniques d’aide de la Fondation entendent des témoignages touchants de personnes qui ont des difficultés de lecture et d’écriture ou qui cherchent une formation.
La Fondation souhaite partager avec vous quelques interventions qui vous permettront de mieux comprendre le travail de nos intervenants. En dirigeant les usagers vers les bonnes ressources tout en prenant en compte leur situation géographique, familiale et professionnelle, ils contribuent à encourager les personnes dans leurs démarches et ainsi à leur faciliter l’accès aux services d’apprentissage.
M. Laroche conduit des camions depuis bientôt vingt ans. Une bannière publicitaire placée sur un autobus de ville pique sa curiosité et l’incite à téléphoner aux intervenants pour leur confier la situation de son fils. Comme bien des parents, il espère pour son fils un métier stable et lucratif qui lui permettrait à son tour de se construire une vie. Toutefois, le jeune homme de 22 ans n’a toujours pas complété ses études secondaires, et le père s’inquiète pour l’avenir de son garçon. Les intervenants des lignes de référence connaissent bien les conditions d’admission aux cours de formation professionnelle et peuvent présenter à M. Laroche plusieurs exemples de formations auxquelles un adulte peut accéder sans avoir obtenu son diplôme d’études secondaires. Ainsi, son fils pourrait s’inscrire à une formation professionnelle et poursuivre simultanément les unités de formation générale manquantes pour l’obtention de son diplôme d’études secondaires.
M. Laroche est bien surpris de cette ouverture dans le système scolaire qui permet à des jeunes comme son fils d’empocher le DES et le DEP en moins de deux ans. Encouragé par cette possibilité, M. Laroche dit à nos intervenants avoir hâte d’en parler à son fils et de lui présenter les quelques formations professionnelles qui lui sont accessibles.
M. Leblanc est un retraité de 71 ans au ton enjoué qui, un bon matin, décide de téléphoner à la ligne Info-Alpha. Malgré qu’il s’exprime très bien, il est analphabète et n’a jamais su écrire autre chose que son nom. Après avoir travaillé toute sa vie et eu plusieurs enfants qui réussissent bien, M. Leblanc dit que la seule chose qui lui manque, c’est de pouvoir écrire « je t’aime » à sa femme. Il souhaiterait beaucoup pouvoir lui écrire une vraie lettre d’amour et cherche à savoir auprès de nos intervenants s’il est encore possible d’apprendre à écrire à son âge. Les intervenants croient alors bon de le diriger vers un organisme d’alphabétisation qui œuvre auprès des aînés afin qu’il se sente à l’aise dans le groupe.
Même s’il doute de sa capacité à apprendre à écrire, M. Leblanc semble prêt à se donner cette chance! Peut-être même qu’avec l’aide d’un formateur, il pourra écrire sa première lettre d’amour. Les intervenants saluent son courage et lui souhaitent, ainsi qu’à sa femme, une joyeuse Saint-Valentin!
Estelle téléphone à la ligne Info-Alpha de la Fondation après avoir rencontré un intervenant dans un Carrefour Jeunesse Emploi (CJE) des Laurentides. Elle nous raconte qu’elle a souvent été « entre deux jobs » et qu’elle s’est toujours débrouillée. Estelle est présentement en « stage » dans une entreprise d’insertion, mais elle sait que cela se terminera bientôt. Avec l’aide de l’intervenant du CJE, elle s’est peut-être trouvé un nouvel emploi, mais pour augmenter ses chances, elle décide d’aller suivre des cours de perfectionnement en français écrit. Étant donné qu’elle a une fillette de 4 ans à sa charge, Estelle croit qu’il lui sera impossible de s’inscrire en formation…
Les intervenants informent Estelle que certaines ressources mettent aussi une halte-garderie à la disposition de leurs apprenants. Elle pourra donc aller en formation durant le jour, pendant que sa fille se fera garder à l’étage du bas!
Estelle semble de plus en plus enthousiaste à l’idée d’augmenter ses chances de décrocher ce nouveau poste à la réception. En terminant la conversation, les intervenants des lignes lui soulignent l’importance d’aller chercher les cours qui lui manquent pour obtenir sa 5e secondaire, afin d’être moins souvent « entre deux jobs »…
De La Sarre, dans les environs de Rouyn-Noranda, Lise téléphone à Info-Alpha au sujet de cours d’alphabétisation pour son mari. Le mari de Lise a travaillé pendant 10 ans dans le secteur forestier et vient d’être mis à pied définitivement. Il ne pourra pas se trouver un nouvel emploi sans améliorer ses compétences en lecture et en écriture. Lise veut aider son mari, mais elle-même n’a pas terminé ses études secondaires et éprouve de la difficulté à se trouver un emploi. Malgré leur jeune âge, tous les deux se sentent très éloignés de la formation.
Nous avons dirigé le mari de Lise vers un organisme de réinsertion des travailleurs du secteur forestier qui existe près de Rouyn-Noranda. Avec l’aide de cet organisme, il pourra suivre une formation en alphabétisation et obtenir du soutien en recherche d’emploi. À Lise, les intervenants d’Info-Alpha ont présenté les différents parcours possibles : reprendre le secondaire général au centre d’éducation des adultes près de chez elle, ou passer un test d’équivalences au secondaire ou un test de développement général qui lui permettraient d’être admise en formation professionnelle ou dans un programme d’apprentissage d’un métier spécialisé. Toutes ces démarches représentaient pour Lise des possibilités d’obtenir une reconnaissance de ses compétences et de faciliter sa recherche d’emploi.
Lise ne connaissait pas les ressources disponibles dans sa région, ni les services qui s’offraient à elle et à son mari pour obtenir une aide correspondant à leurs besoins. Après avoir parlé aux intervenants, Lise voit désormais pour son mari et elle des chances de réussite.
Mme Potvin, de Québec, a trois jeunes enfants et aimerait beaucoup pouvoir lire avec eux à la maison. D’ailleurs, elle souhaite depuis longtemps s’améliorer en lecture, mais elle avoue ne pas avoir le temps, l’argent, ou la patience de retourner à l’école.
L’intervenant de la ligne Info-Alpha lui explique alors qu’il est possible de la mettre en contact avec un tuteur bénévole qui irait chez elle à raison d’une ou deux fois par semaine. En effet, certains organismes communautaires au Québec ont mis sur pied des programmes de tutorat appuyés par des formateurs en alphabétisation qui vont à la rencontre des gens. De plus, Mme Potvin a été dirigée vers un organisme communautaire Famille de son quartier qui organise des activités de lecture parents-enfants auxquelles elle et sa famille pourraient participer.
Mme Potvin est très heureuse de voir de nouvelles possibilités s’offrir à elle et n’écarte pas l’idée de participer à une classe d’alphabétisation afin de parfaire son apprentissage, comme lui a conseillé l’intervenant.
Un intervenant de la Fondation a reçu l’appel de Paul, 42 ans, de Montérégie, qui cherchait de l’aide puisqu’il se disait «alphabétique». En effet, plusieurs personnes ayant de faibles compétences en lecture éprouvent de la difficulté à dire le mot analphabète, un mot très long et compliqué.
Parvenant à surmonter la gêne et la nervosité ressenties en confiant sa situation, Paul demande à l’intervenant comment il pourrait aller à l’école pour apprendre à lire et à écrire. Il prend le temps de mentionner qu’il a déjà tenté de s’inscrire dans une école pour adultes un an auparavant, mais que celle-ci était complète et qu’il ne pouvait donc pas y être reçu. Découragé, il avait mis de côté son projet d’études.
Ce n’est qu’un an plus tard, lorsqu’une amie lui donne le numéro de la ligne Info-Alpha, trouvé dans un bureau d’assistance-emploi, qu’il retrouve le courage et l’envie de retourner à l’école.
Écoutant attentivement les conseils de notre intervenant, qui lui indique clairement où se diriger et à qui s’adresser, Paul semble mettre toutes les chances de son côté pour parvenir à s’inscrire dans un groupe d’alphabétisation où il commencera son apprentissage.
* Des prénoms et des noms fictifs ont été utilisés dans les témoignages afin de respecter la confidentialité des renseignements personnels.