Les Adultes

Analphabétisme et alphabétisation

Historique de l'alphabétisation

Avant 1965 :

La responsabilité de l’alphabétisation des adultes québécois est essentiellement assumée par les organismes religieux, souvent par l’intermédiaire des services caritatifs offerts aux plus démunis.

La scolarisation des enfants n’est pas obligatoire et les conditions socioéconomiques des familles, souvent nombreuses, forcent fréquemment les jeunes à abandonner l’école afin de soutenir la famille par un travail salarié ou en intégrant l’entreprise familiale. Outre les professions libérales, peu de métiers nécessitent un niveau minimal de scolarité ou une formation professionnelle acquise à l’école.

Ce n’est qu’en 1964 que la scolarisation devient obligatoire pour tous les enfants, et ce, jusqu’à l’âge de 16 ans.

De 1965 à 1980 :

Certaines écoles dans les milieux les plus démunis commencent à offrir des formations s’adressant aux adultes afin de leur enseigner la lecture et l’écriture. Au début, on y utilise toutefois le même matériel que celui qui s’adresse aux enfants. Ce n’est que graduellement et à la demande des adultes eux-mêmes que sera conçu un matériel mieux adapté à leurs besoins et préoccupations.

Parallèlement, de nombreux comités de citoyens et organismes d’éducation populaire voient le jour dans les milieux défavorisés : plusieurs mettent en place des services d’alphabétisation aux adultes en concevant du matériel adapté et en orientant la formation vers un objectif de prise en charge individuelle et collective des milieux de vie, de transformation sociale. L’alphabétisation y est associée à la lutte à la pauvreté.

Des années 1980 aux années 2000

À partir des années 1980, l’alphabétisation devient une problématique sociale à laquelle les centres d’éducation des adultes des commissions scolaires et les organismes d’éducation populaire entendent s’attaquer en offrant des formations dont les finalités peuvent toutefois différer : on passe du strict apprentissage du code (alphabétisation dite scolarisante) à un enseignement de la lecture et de l’écriture comme outil de transformation sociale (alphabétisation dite conscientisante).

Dès 1990, le ministère de l’Éducation fait de l’alphabétisation une priorité et cet engagement est réitéré en 2002 dans la Politique gouvernementale d’éducation des adultes et de formation continue. Le ministère reconnaît et soutient financièrement deux réseaux d’alphabétisation : celui des commissions scolaires et celui des organismes d’alphabétisation populaire autonome, qui sont dorénavant plus de 150 répartis sur tout le territoire du Québec.

Les défis à venir

Le développement rapide des technologies bouleverse le marché de l’emploi et vient accroître les exigences requises au chapitre des connaissances et compétences des adultes québécois désireux d’accéder à un travail ou de progresser à l’intérieur d’une entreprise. L’éventail des notions essentielles à acquérir pour arriver à bien fonctionner quotidiennement dans la société ne cesse de s’élargir. Au-delà des efforts déjà fournis par les deux réseaux officiellement reconnus en matière d’alphabétisation, il est dorénavant impérieux que s’implante la formation de base en entreprise, condition sine qua non pour permettre aux travailleuses et travailleurs de s’approprier les nouvelles règles et outils de production et de contribuer à la prospérité économique.

De plus, l’arrivée massive des nouveaux citoyens issus de l’immigration pour combler les besoins en main-d’œuvre vient poser des défis d’importance, notamment au chapitre de la francisation et de l’intégration de cette nouvelle population à la société québécoise.