Les Adultes

Analphabétisme et alphabétisation

Fausses croyances

 

Pour comprendre la réalité des personnes analphabètes, nous devons mettre de côté nos préjugés et stéréotypes. Cela n’est pas toujours facile, puisque dans la société, les mots « analphabète » et « illettré » sont péjoratifs et négatifs. Ils laissent entendre que ces personnes sont moins « bonnes » que celles qui savent lire et écrire. Le manque d’information à ce sujet contribue largement à renforcer cette perception.

Notre mandat de sensibilisation et d’information vise principalement à démystifier ce problème, à éveiller les consciences et à changer les mentalités face à l’analphabétisme.

Voici une série de fausses croyances répandues à l’endroit des personnes analphabètes et ce qu’il en est réellement.

Au Québec, il y a peu de personnes analphabètes. Il n’y en a que dans les pays en voie de développement. FAUX


16 % des Québécois sont analphabètes et 33 % éprouvent de grandes difficultés de lecture. Il ne s’agit pas là de fiction, mais bien de chiffres réels. L’analphabétisme touche l’ensemble des pays, qu’ils soient industrialisés ou non. Le Québec n’échappe pas à cette réalité.

La majorité des personnes analphabètes (niveau 1) sont des personnes âgées et des immigrants. FAUX


Ce ne sont pas que des personnes âgées. Parmi la population active :

  • 10 % ont de 16 à 25 ans
  • 39 % ont de 26 à 46 ans (en âge d’être parents)
  • 51 % ont de 46 à 65 ans

Ce ne sont pas que des immigrants :

  • Seulement 31 % des personnes qui sont au niveau 1 sont des personnes immigrantes (16 à 65 ans).

De plus, ces personnes ont souvent de très bonnes compétences en lecture et en écriture dans leur langue. C’est en français qu’elles éprouvent des difficultés. Ces personnes ont davantage besoin de francisation que d’alphabétisation.

Les personnes immigrantes sont souvent plus scolarisées que la moyenne des Québécois. En effet, la scolarisation constitue un critère important pour obtenir le droit d’immigrer dans la province.

Source :
Statistique Canada, Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (Canada) : Fichier de microdonnées à grande diffusion. Compilation : Institut de la statistique du Québec.

Les personnes analphabètes ne sont pas intelligentes. FAUX


Bien au contraire, les personnes analphabètes sont extrêmement débrouillardes. Évoluant dans une culture de survie, elles acquièrent leur débrouillardise rapidement et apprennent dans l’action. Elles réussissent souvent à cacher leur problème pendant une bonne partie de leur vie à leur entourage immédiat, car en apparence, elles semblent fonctionner normalement.

Une personne qui est dyslexique est analphabète. FAUX


Les personnes dyslexiques ne sont pas nécessairement analphabètes. Elles sont capables de lire et d’écrire, même si elles connaissent des difficultés. La dyslexie, comme la dysorthographie et les autres problèmes du même type peuvent être une cause de l’analphabétisme s’ils sont jumelés à un autre facteur, comme le manque d’encadrement et d’aide.

Des parents analphabètes vont forcément avoir des enfants
analphabètes. FAUX


Effectivement, un enfant dont les parents sont sous-scolarisés ou analphabètes est plus susceptible de l’être à son tour. Cependant, si les parents sont sensibilisés à l’importance de la lecture en bas âge et qu’ils ont le soutien nécessaire pour participer à l’éducation de leur enfant à la maison, celui-ci arrivera à l’école mieux outillé et aura toutes les chances de réussir.

L’entourage de l’enfant (amis, gardiennes, famille élargie), ainsi que le personnel de l’école auront également une grande influence sur sa réussite scolaire.

Les personnes analphabètes sont toutes au chômage. FAUX

  • 54 % des 16-65 ans sont en emploi (niveau 1).
  • 14 % des 16-65 ans ne travaillent pas, mais sont à la recherche d’un emploi (niveau 1).

De plus, les personnes analphabètes de 60 ans et plus qui sont sur le marché du travail appartiennent aux générations pour qui l’éducation n’était pas obligatoire. Elles ont donc souvent appris leur métier sur le tas et ont toujours travaillé au même endroit. N’ayant pas eu besoin de formation pour gravir les échelons, elles ne sont pas retournées sur les bancs d’école par la suite et sont donc demeurées des travailleurs actifs.

Source :
Développer nos compétences en littératie : un défi porteur d’avenir, Rapport québécois de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA), 2003, Québec, Institut de la statistique du Québec, 256 pages.